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Paris-Roubaix, c’était bien avec Chapatte

Publié le 09/04/2011 dans Cyclisme
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Je n’aime plus Paris-Roubaix. Je suis trop nostalgique du temps ancien et des bonnes vieilles retransmissions télé d’antan. A l’époque d’Eddy Merckx et de Robert Chapatte, planait au moins un certain mystère, une ambiance fantasmagorique. Les images tremblaient d’émotion sur les roues des motos, incapables comme aujourd’hui d’éradiquer l’effet des pavés.

Tout se mélangeait dans l’Enfer du Nord, pourvu que le temps soit infect ou que les chutes et les crevaisons bouleversent le classement à chaque minute. Les couleurs des maillots n’étaient plus détectables au milieu de la boue, tout était noir sur mon écran. Un noir et grandiose suspense. Restaient seuls en clair les blancs des yeux des coursiers. Et les commentaires de Chapatte. Des explications à vous ravir les neurones, à vous faire chavirer le palpitant.De sa voix posée et sûre, Chapatte expliquait l’inexplicable. Et l’on marchait dedans tête baissée. Un torse décalé de deux centimètres par rapport à la parallaxe du guidon, et Robert nous assurait que la course se jouerait là-dessus, l’évidence était là…

Et puis il y avait son théorème, le « théorème de Chapatte » ! Un truc de génie. Chapatte avait inventé un fourbi absolument indémontrable, un coureur gagnait à condition de posséder au moins une minute d’avance à dix kilomètres de l’arrivée… Et si l’axiome ne se vérifiait pas, il y a avait forcément une raison fondamentale, la taille des radius du gars, son CX ou l’âge de l’organisateur…

C’était aussi le temps où les écarts et les informations sur la course étaient un peu incertains. Le premier avait-il trente ou quarante secondes d’avance sur ses suivants ? Personne ne le savait vraiment. Merckx avait-il crevé à l’arrière ? Hinault s’était-il ravitaillé au 150e km ? Moser avait-il parlé à ses lieutenants ? Rien n’était sûr jusqu’au vélodrome antique de la ville nordiste et de la ligne d’arrivée.Moi je vous dis, retirons vingt caméras de l’épreuve, supprimons le GPS. Et avec les économies, remettons 200 km de secteurs pavés supplémentaires…

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    À propos de l'auteur

    Philippe VERNEAUX
    Journaliste de sport depuis la coupe du monde de 1998, j'ai travaillé aux éditions en ligne de medias sportifs comme lequipe.fr, travaillé comme responsable de la rubrique rugby au quotidien Aujourd'hui Sport et commenté des matches pour RTL-L'Equipe. Je me consacre maintenant librement à ma passion sur ce blog. J'ai publié mon premier livre "L'argent dans le sport" en 2005, édité chez Flammarion.
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